Sénégal : Saly change

station balnéaire prisée.

Un vent de changement souffle sur la station de Saly.

De station balnéaire prisée par les touristes, Saly était devenue un antre sale et mal famé que les gens ont déserté. Les touristes, qui ne se retrouvaient plus dans cette ville aux rues pleines d’immondices, à l’éclairage public inexistant, préféraient poser leurs valises ailleurs.

Insécurité grandissante, environnement dégradé, fermeture de commerces, Saly se mourait à petit feu. Cette baisse de la fréquentation a fait réagir les autorités touristiques qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes et d’essayer de redonner une image plus attractive à ce petit coin de paradis de la petite côte.

Saly et ses maux

Pour le touriste qui arrive à Saly, c’est le dépaysement total, mais aussi une désillusion. Pas de plage digne de ce nom, vous êtes parfois obligé de faire de l’escalade pour faire le tour de la station par le bord de mer. Un hôtelier confirme : « L’un des choses qui ruine un peu le tourisme à Saly est l’absence de plage. On vient pour profiter des plages, mais on n’en trouve pas. Chez nous, nous avons dû refaire une plage à nos propres frais. Le problème de l’érosion côtière doit être une priorité pour les autorités. »

Saly, c’est aussi un visage répugnant avec ses tas d’immondices dans les rues. Les gens jettent tout par terre au lieu de chercher une poubelle. De nombreux étrangers qui rêvent de tourisme vert, où l’environnement est protégé et respecté, déchantent très vite. Malheureusement, à l’instar de la capitale, Saly n’est pas épargnée par la saleté.

Un autre des maux qui fait fuir la clientèle à Saly, c’est le harcèlement auquel est confronté le touriste dès qu’il veut se balader dans la station. Agrippé, interpellé, harcelé dès qu’il sort de son hôtel par les antiquaires, les bana bana et parfois les belles de nuit, qui pullulent partout. Pas moyen de faire une promenade tranquille, de se remplir les yeux des couleurs sans que ce moment ne soit gâché par une personne qui veut absolument vous vendre quelque chose ou faire connaissance. « Les gens ne se rendent pas compte que cette attitude des antiquaires et bana bana fait fuir le touriste. S’il est harcelé ainsi dès sa première sortie, soyez sûr que le reste de son séjour, il le passera cloîtrer. Et le fait que le touriste en sorte pas, c’est un manque à gagner pour la population commerçante, confie un acteur du tourisme ».

Saly respire mieux

Quelques améliorations dans la gestion de la station qui redonnent de l’espoir
Aujourd’hui, Saly respire mieux. Les touristes recommencent à affluer et les acteurs du secteur à sourire. En effet, quelques avancées sont notées dans la gestion de la station. Le nouveau directeur de la Sapco et son équipe se sont engagés à refaire de la ville une station balnéaire courue. « La Sapco fait un travail remarquable depuis quelques temps, dit un patron d’hôtel. Nous voyons quelques changements dans la ville comme des bacs à ordures, un peu plus d’éclairage public, etc. C’est vrai qu’il reste encore beaucoup à faire, mais nous avons espoir que la nouvelle direction fera mieux les choses. »

Dans les rues, les agents sont à pied d’œuvre pour balayer et désencombrer les artères. Un travail qui ne va pas sans accroches avec les vendeurs. « Les gens ne comprennent pas vraiment notre travail. Nous avons des heurts avec les commerçants qui sont mal placés. Pourtant, c’est aussi pour leur sécurité que nous les déplaçons », se lamente un travailleur.

Source : au senegal

 

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